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Loi télétravail

par Camille Rabineau

Le 22 septembre 2017, les ordonnances portant la réforme du Code du travail d’Emmanuel Macron étaient publiées. Baptisée “loi télétravail“, l’une de ces ordonnances proposait plusieurs modifications de la législation en vigueur sur le télétravail.  Bilan un an après.

La promesse d’un coup d’accélérateur à la pratique du télétravail

Dans le contexte d’une réforme voulant transformer le marché du travail français, l’assouplissement du télétravail constituait un point clé : il s’agissait de favoriser des modes de travail flexibles, tournés vers le bien-être, en ligne avec les attentes des salariés et tirant profit des technologies.

Ainsi, la France pourrait rattraper son retard sur ses voisins, comme les pays anglo-saxons ou nordiques.

Le gouvernement n’a pas hésité à communiquer sur l’instauration d’un « droit au télétravail », communication qui a eu un double effet :

  • D’une part, les entreprises ont perçu l’urgence de s’emparer du sujet pour répondre à la pression de leurs salariés ;
  • D’autre part, les salariés ont commencé à davantage s’imaginer bénéficier du télétravail et à s’y projeter.

De fait, la possibilité de recourir au télétravail de manière sécurisée sans qu’un accord ou charte d’entreprise ne soit nécessaire, pas plus qu’un avenant au contrat de travail, offre la possibilité à tout salarié de solliciter le télétravail auprès de son supérieur hiérarchique, à qui incombe l’obligation de formuler une réponse motivée.

C’est la fameuse « inversion du rapport de force » en faveur du salarié.

La levée de plusieurs barrières à l’entrée dans le télétravail côté employeurs

La disparition du caractère « régulier » dans la définition légale du télétravail devait aussi être un booster du télétravail.

Elle assouplit les conditions d’éligibilité au télétravail en permettant aux collaborateurs de solliciter occasionnellement du télétravail si les circonstances le justifient.

En parallèle, la levée de l’obligation pour les employeurs de prendre en charge l’équipement mobile du télétravailleur se voulait encourager les petites entreprises à se tourner vers le télétravail : puisque le salarié peut utiliser son propre matériel, il suffit dès lors de prévoir l’accès aux outils de travail à distance pour que le télétravail soit possible.

Le télétravail devient un mode de travail « transparent », sans surcoût pour les entreprises.

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De plus, le télétravail a bénéficié d’une grande couverture par les médias qui a permis de bousculer les clichés souvent bien ancrés dans les entreprises aussi bien chez les managers que que chez les salariés. Nous avions décidé en 2017 de dire Stop aux idées de reçues sur le télétravail à travers deux articles basés sur des expériences avec nos clients.

Vers un télétravail plus simple d’accès et mieux encadré

La perspective d’un afflux de demandes de mise en place télétravail de la part des salariés devait constituer une incitation forte à entrer dans le télétravail, à y poser un cadre clair et à assurer une homogénéité des pratiques en interne.

Pour les entreprises déjà engagées dans le télétravail, elle laissait entrevoir un assouplissement des règles afin de mieux répondre aux demandes des collaborateurs et de les accommoder en cas de circonstances exceptionnelles.

Frantz Gault directeur associé chez LBMG Worklabs

Pour Frantz Gault, directeur associé chez LBMG :

Depuis le changement de cadre juridique, nous constatons que nos clients mettent en place de nouvelles formules de télétravail, plus flexibles, facilement activables par les salariés. Certaines n’avaient d’ailleurs pas attendu la réforme pour se lancer dans cette voie en permettant le télétravail occasionnel. Dans certains cas, cela conduit à un doublement voire un triplement des demandes de télétravail ! Nous pouvons dire que le télétravail en France est entré dans une nouvelle phase de banalisation et de démocratisation.

 

Les nombreux évènements exceptionnels de 2018 ont montré la pertinence du levier télétravail comme garantie d’activité

Comme pour asseoir la réforme, le premier semestre 2018 a été riche d’évènements « exceptionnels » qui ont compliqué les conditions d’accès des salariés au lieu de travail, déjà ressenti comme une forte contrainte en temps normal.

Épisode neigeux et inondations, grève de la SNCF : ces évènements ont pu être les déclencheurs d’une pratique du télétravail pour certains collaborateurs et managers, avec à la clé une « dédramatisation » de sa pratique si non une réelle satisfaction de voir l’activité se poursuivre malgré les perturbations.

Un boom du télétravail en coworking

Ces évènements ont aussi boosté le télétravail en espace de coworking, encore périphérique parmi les télétravailleurs (entreprises frileuses par rapport au coût et à la sécurité des données, télétravailleurs peu demandeurs).

Neo-Nomade, notre plateforme de réservation d’espaces de coworking a vu ses demandes exploser pendant la période. Il est probable que le caractère inévitable des grèves aura poussé dans le télétravail des salariés qui ne peuvent ou ne souhaitent pas télétravailler depuis leur domicile et aura convaincu les employeurs d’accepter cette solution pour pouvoir maintenir l’activité.

 

 

Mettre en place le télétravail efficacement

Après 10 d’expériences dans la transformation du travail, nous sommes convaincus que le travail flexible n’en est qu’à ses débuts. Que vous en soyez aux prémices ou que vous souhaitiez le faire évoluer, nous vous accompagnerons dans votre projet télétravail avec une approche sur-mesure.

 Télétravail, et si on s’y mettait ?

 

Consultante chez LBMG Worklabs, je décrypte sur ce blog quelques actualités autour des modes de travail.

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